Le syndrome d’apnée de sommeil obstructive (SAOS) augmente le risque d’incidents cardio-vasculaires et la mortalité. Nous connaissons ça depuis près de 30 ans déjà. La logique dit que traiter cette maladie devrait protéger contre ce risque là.

Ceci n’a pas l’air de se confirmer selon cette méta-analyse publiée dans le JAMA récemment.

Le traitement de référence est bien sûr la CPAP. Dans cette méta-analyse, un pool de 10 études, groupant en total 7266 patients ont été analysées et les résultats sont assez décevants:

Les  décès d’origine cardiovasculaire ou autre et les syndromes coronariens, les AVC, les insuffisances cardiaques aigues et les hospitalisations pour évenements cardio-vasculaires ne sont pas diminués chez les patients traités par une CPAP.

4 études des 10 poolées ont montré une tendance à améliorer les incidents cardio-vasculaires chez les patients adhérents à plus de 4h par jour de CPAP, sans vraiment montrer une différence statistiquement significative.

Ce qui a certainement été amélioré par la CPAP, c’est surtout la somnolence diurne.

Bien qu’assez décevant comme résultat, ceci justifie-t-il de ne pas prescrire la CPAP aux patients asymptomatiques (ie: pas de somnolence diurne, pas de troubles métaboliques) malgré un SAOS sévère?

Ce qui est sûr c’est que nous ne comprenons toujours pas la régulation de ce trouble de balancement acidobasique et hypoxémique à fond.

Ce que nous pouvons certainement dire est que ne pas mettre la CPAP suffisament (>4h au moins par jour) n’a pas l’air d’être plus bénéfique que la prescription d’aspirine ou de beta bloquants sur les risques cardio-vasculaires. Un patient qui souffre d’un SAOS et qui est bien adhérent à son traitement doit continuer à en profiter.

Peut être que la question que nous devons nous poser est: comment améliorer l’adhérence à la CPAP de nos patients pour un bénéfice plus probable plûtot que de prescrire un traitement ou pas. Un score d’adhérence ou de tolérance de CPAP sera dans ce cadre plus que bienvenu.

Entre temps, Je continue personellement à tenter un traitement chez les patients avec un SAOS sévère asymptomatique, tout en leur expliquant le potentiel effet bénéfique si leur adhérence est optimale.

Qu’en pensez vous?

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